Archives de Catégorie: Crépuscool

Going to London Town

Il Est Cinq Heures profite de sa traversée de la Manche pour régler sa montre sur l’heure de Big Ben et avouer l’une de ses petites faiblesses. Il s’agit de l’album des Wings London Town (1977) et particulièrement de la chanson titre, gratifiée ici d’un clip indigent, mal sapé, mal filmé, mal joué, mal foutu. Malgré cette faute de goût qu’on n’est pas près de pardonner au bassiste liverpoolien, on ne résiste pas à la mélodie made in Macca, limite indolente mais accrocheuse et à ses synthés cheapos. En pleine explosion punk, sortir un tel single relevait d’une posture véritablement… punk.

Métamorphose

« Les poètes tentent de greffer aux hommes d’autres yeux et de transformer ainsi le réel. Aussi sont-ils des éléments dangereux pour l’Etat, puisqu’ils veulent transformer. Or l’Etat et ses dévoués serviteurs n’aspirent, eux, qu’à durer ».
Franz Kafka

Quand Scott Walker faisait n’importe quoi…

Auteur d’albums qui comptent parmi les plus beaux de la fin des années 1960, avec un carré d’as que sont Scott, Scott 2, Scott 3 et Scott 4, publiés entre 1967 et 1969, Scott Walker s’est ensuite égaré en commettant des albums qui frisent l’hérésie et constitués uniquement de reprises. Pour ensuite de disparaître pendant de longues années.

Comment l’auteur d’un titre aussi sublime que Plastic Palace People a-t-il pu retourner sa veste de vison pour ne laisser apparaître que sa doublure en polyester ultra cheap ? Pour les classiques, je vous laisse acheter les albums (vous pouvez jeter un œil ici, ici et ici pour un aperçu). Pour ce qui est de la période cheap, voici une petite sélection des quelques titres qui surnagent du naufrage, curiosités pour fans only, toujours à la limite du bon goût, sans jamais vraiment y tomber.

Pour commencer, deux titres issus de son album reprenant des thèmes de cinéma The Moviegoer (1972) : Speak Softly Love, une reprise improbable du thème du Parrain ; The Summer Knows, composition de Michel Legrand pour le film Summer 42 qui aurait pu figurer sur Scott 1, 2, ou 3. Puis deux titres extraits de son album Any Day Now (1973) : le premier est une composition du brésilien Caetano Veloso sur laquelle Scott Walker s’en sort pas mal alors que l’exercice était plutôt casse-gueule (l’originale ici) ; le second est une reprise assez honnête d’un classique Motown, si on fait l’impasse sur le solo de guitare final.

> Speak Softly Love
> The Summer Knows
> Maria Bethania
> Ain’t No Sunshine

Andrew Loog Oldham, king of addvertisment

Il avait lancé le slogan un rien pervers « Would you let your daughter marry a Rolling Stone? » créant quasiment de toutes pièces l’image de bad guys de ses cinq protégés.

Andrew Loog Oldham, manager des Rolling Stones, récidive à l’occasion des fêtes de Noël 1963 en publiant dans l’un des plus célèbres hebdo musical anglais, le Record Mirror, la publicité ci-dessus, dans laquelle il souhaite un joyeux Noël aux « coiffeurs affamés et à leur famille ». La longueur des cheveux des Stones, pourtant encore très mesurée à cette époque, avait en effet fait réagir quelques mois plus tôt la corporation des coiffeurs britanniques qui s’était publiquement plainte qu’un tel laisser-aller capillaire influençait la jeunesse et que celle-ci finirait par ne plus aller se faire couper les tifs. Autrement dit, les Stones contribueraient à la ruine de toute une profession (le syndicat des marchands de cravates (sic) avait entamé une démarche similaire).

Pas rancunier et avec une élégance toute british, Oldham avait donc acheté des encarts dans les journaux pour souhaiter de bonnes fêtes aux merlans et à leur famille désormais sur la paille.

On aurait aimé que Mr Oldham fasse preuve d’autant de génie publicitaire lorsqu’il lança le magnifique premier album du jeune Duncan Browne, Give Me, Take You (1967). Au lieu de ça, son label Immediate étant empêtré dans des complications financières, il négligea totalement la promo du disque dont les exemplaires finir aussi sec au pilon avant qu’une réédition CD, il y a quelques années, nous rappelle le flair artistique incomparable de Oldham et le génie de Browne.

> Duncan Browne, On The Bombside (1967)

> The Force Five, Baby Let Your Hair Down (1966)

> The Rolling Stones, Prodigal Son (1969)

* Photo from Chained and Perfumed‘s Blog

Back To Christmas

Phil Spector wish you a merry (and free) X-Mas (A Christmas Gift for You).

> Darlene Love, Christmas (Baby Please Come Home)
> The Ronettes, Frosty The Snowman
> The Crystals, Rudolph The Red-Nosed Reindeer

« Ne me parle jamais de Copenhague… »

« Il y eu tant de miracles à Copenhague… » chantait Philippe Katerine en 1996 sur ses Mauvaises fréquentations, près de trente ans après le Copenhagen de Scott Walker. Bossa magnifique, ouatée dans une douceur hivernale et bercée par une flûte soyeuse bientôt rejointe par un theremin.

« Comme si nous n’étions jamais revenu, de ce Noël à Copenhague ».

> Copenhague, Katerine.

L’amour au temps de la grippe A

L'amour au temps de la crise H1N1

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