Archives de Tag: Jean-Pierre Léaud

Une apparition



« Elle a une voix enchanteresse et parle l’anglais avec une pureté admirable. C’est une femme superbe, avec un air très vague très doux, le nez est un peu relevé mais droit et spirituel, la taille élancée, un visage d’un ovale très pur, un ovale un peu triangulaire, mais le teint est lumineux et comme éclairé de l’intérieur. (…) Ce n’est pas une femme, c’est une apparition ».

Rien à ajouter à la description parfaite du détective Doinel dressant le portrait robot de Delphine Seyrig alias Mme Tabard dans Baisers Volés de François Truffaut (1968).

Inoubliable également, la subtile distinction entre tact et politesse que Mme Tabard enseigne au jeune Doinel : « un monsieur en visite pousse par erreur la porte d’une salle de bain et découvre une dame absolument nue. Il recule aussitôt, referme la porte et dit : “Pardon madame.” Ça, c’est la politesse. Le même monsieur poussant la même porte découvrant la même dame complètement nue sort, lui, en disant : “Pardon monsieur.” Ça, c’est le tact. J’ai compris votre fuite, à demain. »

Delphine Seyrig, une apparition disparue il y a 20 ans, le 15 octobre 1990. Elle nous était attachée et attachante par bien des aspects : elle était née à Beyrouth, ville chère à notre cœur, figurait en couverture de notre exemplaire lycéen du Lys dans la Vallée, premier Balzac lu et très vite relu avant de la découvrir sur grand écran se perdre dans les méandres de Marienbad puis interpréter l’inoubliable Fabienne Tabard dans Baisers Volés, notre Truffaut préféré, version moderne d’Un début dans la vie du même Balzac.

Apparition devenu fée dans Peau d’Âne de Jacques Demy pour lequel elle enregistra sa version des Conseils de la fée des Lilas qui ne fut pas retenu dans le montage final. Quel dommage, « mon enfant ».

> Conseils de la fée des Lilas, par Delphine Seyrig, 1970.

> Thème de « Fabienne », par Antoine Duhamel, BO de Baisers Volés, 1968

> Que reste-t-il de nos amours?, par Charles Trenet, 1943.

Publicités

La leçon de violon

> Domicile Conjugal – Petit Concert Conjugal (Antoine Duhamel – 1970)

Le saviez-vous ? Le Père Noël a les yeux bleus

pere_noel_yeux_bleus_leaud1 Si pour son dernier Noël capitaliste, le Père Noël vous rendra visite un couteau entre les dents, un détail ne manquera pas d’attirer votre attention si vous vous retrouvez nez à nez avec lui au sortir de la cheminée : Le Père Noël a les yeux bleus. En 1966, Jean Eustache le prouve derrière la caméra et en noir et blanc avec  Jean-Pierre Léaud qui cache ses idées noires derrière sa barbe blanche. Un hommage animé à ce film oublié ici. Des pères Noël aux yeux bleus, en voici trois autres, des chansons plein la hotte :

Happy X-Mas War is Over (if you want it)