Archives mensuelles : décembre 2009

Andrew Loog Oldham, king of addvertisment

Il avait lancé le slogan un rien pervers « Would you let your daughter marry a Rolling Stone? » créant quasiment de toutes pièces l’image de bad guys de ses cinq protégés.

Andrew Loog Oldham, manager des Rolling Stones, récidive à l’occasion des fêtes de Noël 1963 en publiant dans l’un des plus célèbres hebdo musical anglais, le Record Mirror, la publicité ci-dessus, dans laquelle il souhaite un joyeux Noël aux « coiffeurs affamés et à leur famille ». La longueur des cheveux des Stones, pourtant encore très mesurée à cette époque, avait en effet fait réagir quelques mois plus tôt la corporation des coiffeurs britanniques qui s’était publiquement plainte qu’un tel laisser-aller capillaire influençait la jeunesse et que celle-ci finirait par ne plus aller se faire couper les tifs. Autrement dit, les Stones contribueraient à la ruine de toute une profession (le syndicat des marchands de cravates (sic) avait entamé une démarche similaire).

Pas rancunier et avec une élégance toute british, Oldham avait donc acheté des encarts dans les journaux pour souhaiter de bonnes fêtes aux merlans et à leur famille désormais sur la paille.

On aurait aimé que Mr Oldham fasse preuve d’autant de génie publicitaire lorsqu’il lança le magnifique premier album du jeune Duncan Browne, Give Me, Take You (1967). Au lieu de ça, son label Immediate étant empêtré dans des complications financières, il négligea totalement la promo du disque dont les exemplaires finir aussi sec au pilon avant qu’une réédition CD, il y a quelques années, nous rappelle le flair artistique incomparable de Oldham et le génie de Browne.

> Duncan Browne, On The Bombside (1967)

> The Force Five, Baby Let Your Hair Down (1966)

> The Rolling Stones, Prodigal Son (1969)

* Photo from Chained and Perfumed‘s Blog

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I Want A Beatle For Christmas

Les adolescentes des années 1960 avaient des goûts plus sûrs et plus simples que celles des années 2000 : pas d’iPode, ni de téléphone portable ou de console de jeu. Un Beatle tout simplement. Et en guise de lettre au Père Noël, un 45 tours.

> I Want A Beatle For Christmas, Becky Lee Beck (1964)
> All I Want For Christmas Is A Beatle, Dora Bryan (1963)
> Christmas Time Is Here Again, The Beatles (1967)

Back To Christmas

Phil Spector wish you a merry (and free) X-Mas (A Christmas Gift for You).

> Darlene Love, Christmas (Baby Please Come Home)
> The Ronettes, Frosty The Snowman
> The Crystals, Rudolph The Red-Nosed Reindeer

La guerre est finie ! (si vous le voulez)

Il y a tout juste 40 ans, en décembre 1969, John Lennon et Yoko Ono lançait à l’occasion des fêtes de Noël, une campagne un rien ambitieuse sous le slogan War Is Over (if you want it). L’ex-Beatle qui se reconvertissait alors dans la politique, avait pioché sans ses royalities pour financer et faire placarder dans les grandes capitales européennes d’immenses affiches reprenant ce slogan.

Le couple d’activistes publia deux ans plus tard un single intitulé Happy X-Mas (War Is Over), relativement dispensable. A l’inverse de la chanson de Scott Walker au titre similaire, War Is Over, enregistrée à la même époque et publiée sur l’album Til The Band Come In (1970) qu’il clôture (de la même façon qu’il clos Suspendue, court-métrage de Karine Wehbé et Philippe Azoury, tourné dans les décombres de la guerre du Liban de 2006). Chanson sublime et crépusculaire, peut-être sa plus belle, avant qu’il fasse le choix de se reconvertir, Dieu seul sait pourquoi, dans les reprises country.

> The War Is Over, Scott Walker (1970)
> Happy X-Mas (War Is Over), John Lennon (1969)
> Interview de Lennon sur RTL, 22 décembre 1969.

(If you want it…)

« Ne me parle jamais de Copenhague… »

« Il y eu tant de miracles à Copenhague… » chantait Philippe Katerine en 1996 sur ses Mauvaises fréquentations, près de trente ans après le Copenhagen de Scott Walker. Bossa magnifique, ouatée dans une douceur hivernale et bercée par une flûte soyeuse bientôt rejointe par un theremin.

« Comme si nous n’étions jamais revenu, de ce Noël à Copenhague ».

> Copenhague, Katerine.

Il neige à ma fenêtre, comme dans un film de Douglas Sirk

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Dans les films de Douglas Sirk, il y a toujours des miroirs et des fenêtres dans lesquels les visages des personnages se réfléchissent. Les plus matinaux, comme Rock Hudson et Jane Wyman dans Tout Ce Que Le Ciel Permet (All That Heaven Allows – 1955), peuvent admirer la neige tomber et recouvrir le paysage.

Alors ce matin, je me sens un peu Rock Hudson.

Deux interprétations de la chanson de Randy Newman :
> Snow, par Harry Nilsson
> Snow, par les Harpers Bizarre

Guitare, Johnny !


« Ils passent Johnny Guitar en bas, il faut bien qu’ils s’instruisent ! » C’est, dans Pierrot Le Fou, ce que Belmondo répond sur le ton de l’évidence à sa femme qui se plaint que leurs enfants soient allés pour la troisième fois de la semaine au cinéma .

Le même Belmondo emmènera quelques années plus tard Catherine Deneuve voir ce film dans La Sirène du Mississippi de Truffaut. Celui-ci avait encensé le film de Nicholas Ray lors de sa sortie en 1954, parlant d’un « western rêvé, féerique, irréel au possible, délirant ».

Alors que notre affreux Jojo national est au plus mal, écoutons Peggy Lee chanter ses Johnny, en commençant par le sublime Johnny Guitar :

> Johnny Guitar
> Oh Johnny Oh Johnny Oh !
> Johnny