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Des flics à la FIAC

De poulets, il en a été questions à plusieurs reprises dans ce blog. Les poulets qui interdisent la danse dans les clubs. Ou encore ceux qui font appel à leurs cons-patriotes pour devenir des « citoyens volontaires ». Les poulets ont encore frappé ce week-end pour cette fois décrocher des œuvres de l’artiste russe Oleg Kulik exposées à la Foire internationale d’art contemporain de Paris (FIAC). Les photos-performances de Kulik le mettent en scène, nu, avec des animaux (parfois en simulant des actes, certes douteux, de zoophilie), dont il entend partager l’exclusion du monde des humains. C’est sur ordre du Parquet de Paris, alerté par la douane, que les policiers sont intervenus en vertu (!) de l’article 227-4 du code pénal, relatif à la diffusion d’images à caractère violent ou pornographique, ou contraires à la dignité humaine et susceptibles d’être vues par des mineurs.
On peut légitimement s’étonner que la police intervienne pour interdire des œuvres d’art d’un artiste mondialement reconnu tandis que la pornographie la plus laide inonde les médias quand ceux-ci ne se contentent pas de la mode indigente du « porno chic ». Il n’est pas question pour nous ici d’être réac mais bien de s’insurger face une atteinte à la liberté créatrice d’un artiste.

Club, le directeur de la FIAC a accompagné les exposants durant leur garde à vue, et leur a fait livrer du champagne et un gros bouquet de lys. Un geste qu’aurait apprécié le PDG de Polystyrène TV, célèbre amateur de vin à bulles et défenseur de la cause animale et chanteur visionnaire, notamment à travers son tube canin, L’Homme moderne (avec son chien).

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L’édito-sans-parachute du PDG de Polystyrène TV

Paix sur le (toit du) monde et bienvenue dans celui de Polystyrène TV.

Vous l’ignorez sans doute puisqu’on s’évertue à vous le cacher, mais s’adonner de façon régulière à une activité physique s’apparente à s’y méprendre à la pratique d’un sport.
Qu’il s’agisse d’une pratique individuelle, en couple, collective, active ou télé-spectato-passive, secrète et honteusement cachée à l’abri des parois placoplâtrées des casiers-HLM et des pavillons-standards, ou surexposée façon jogging-élyséen-pour-frimeur-issu-des-urnes, désintéressée ou encore vomitivement cousue-d’or, le risque est le même, et il est grand, de tomber dans le piège-du-sport-spectacle.

Utilisé par les pouvoirs-en-place-gavés-d’orgie-en-tout-genre pour contenir les humeurs écoeurées frondeuses et vengeresses d’une population-en-mal-de-repères-et-d’idoles, le sport-spectacle, parent-tout-en-muscle-et-sous-stéroïde du showbizness-traditionnel-façon-Barclay, à défaut de donner l’exemple en matière d’élégance vestimentaire estivale, à l’instar de son blanc-cousin, lave-au-karcher, en pantacourt, en silence et en profondeur, les sillons-médiatico-stérilisés de nos disques-mous-en-jachère.

Et c’est alors que s’éloigne de nous maintenant le grand-sportif-show-chinois-que-nous-savons, paravent glacial à doublure-rouge-sang, spécialement ouvragé à usage d’une humanité-taurine daltonienne ou aveugle aux contours moraux mal-définis, et tandis que continuent de couler des pentes éternellement enneigées du toit du monde les larmes de moines pacifistes dans le murmure à peine répréhensible des représentants-bidons-mais-hélas-élus d’une communauté internationale bafouée et inerte en mode-pré-final, c’est alors qu’une palanquée d’amateurs de cash-cash-party, avides de stock-options, et ataviquement boursouflés d’autosatisfaction outrecuidante, ont subrepticement glissé vers une radicalisation sans-retour, transformant leur déjà-navrant hobby-familial-de-rupin-en-mal-de-rebellion, en s’essayant au vol libre: très-à-l’aise au décollage, bien équipés, soutenu par l’Etat, entourés-d’amis, blindés et rompus à ces techniques-de-vol-apprises-aux-écoles-que-l’on-sait, et parachute-massif en poche, ces cracks-de-l’imposture ont malgré tout fini par s’écraser et sèchent depuis, timides et faux-derches, sous les éclairs des flashes et les morsures émoussées des flèches journalistiques : le monde entier se fâche, déplore le fichu gâchis; eux s’en fichent, chopent le chèque et s’échappent en jet, préfèrent le golf à Marrakech aux speech-sur-les-marchés-qui-flanchent et autre pleurnicherie-sur-la-dèche : ça déclenche l’alarme dans les caboches; avachis comme devant un sous-chef-sous-scotch, les fauchés-en-short hochent leur tronche de chair molle et leurs miches gonflées de mauvaise bidoche, puis shootés au steak haché, s’arrachent de leur couche, s’acheminent à grande échelle au supermarché-le-plus-proche, et s’achètent des masses de choses-à-mâcher, sait-on-jamais, rapport au crash.
Oui, ici, dans la ville aux millions de visages pâlots, que n’égaye même plus une eau-de-feu-de-grande-surface, c’est l’abandon généralisé, de la plaine, aux vautours…

Pendant ce temps, lasses d’elles-mêmes, engluées d’impuissance, de sudation surpondérale et de débauches-répétées-et-contre-nature, quelques éminences grisâtres somnolent, des rêves avariés aux allures-de-dégueulis collés aux glandes… Que de leurs yeux asséchés et bouffis-d’enflures, percent des pleurs au Co2, au soleil brûlant de l’arctique, là où fondent les derniers ours couleur-banquise.

Monsieur Untel, PDG de Polystyrène TV, télévision moderne en matériaux synthétiques.

www.myspace.com/monsieuruntel
www.lelab.tv (cliquer « Polystyrène TV »)