Archives de Tag: Beatles

You only live once


John Barry, célèbre pour le thème de James Bond qu’il n’a pas composé puisqu’il est signé Monty Norman (qui l’a lui même emprunté au Poinçonneur des Lilas de Gainsbourg), est mort une première fois. Il est sans doute le premier compositeur de musiques de films à être devenu une véritable pop star dans les années 60. Il a été marié à Jane Birkin (et trouvera encore Gainsbourg en travers de sa route), avec qui il posait devant l’objectif du photographe attitré des swinging sixties, David Bailey, et s’est même payé le luxe de déloger de la première place des charts le Hard Day’s Night des Beatles avec sa BO de Goldfinger en 1964. Si ses partitions pour la série de l’agent 007 demeurent les plus connues, on leur préfèrera cependant leurs cousines plus subtiles et plus inspirées que sont The Knack, The Ipcress File (tous deux de 1965) ou Midnight Cowboy (1969).

> Thème de The Ipcress File.

LLW 70 IF…

… Living Lennon Would be 70 If.
En 1969, les plus tordus des fans des Beatles cherchait des indices de la mort supposée de Paul McCartney. Sur la pochette d’Abbey Road, une Beatle VW est immatriculée « LMW 28 IF », combinaison immédiatement décryptée en « Living McCartney Would be 28 If (il n’était pas mort) ».

On aimerait bien chercher aujourd’hui des indices de la mort de John Lennon et donc du fait qu’il soit… toujours en vie. Pas de bol, John est bel et bien mort, le 8 décembre 1980 et aurait eu 70 ans aujourd’hui le 9/09 si…

L’une des toutes premières chansons composées par le duo McCartney / Lennon (ce dernier s’empressa dès le second album d’inverser l’ordre des noms) s’intitule One After 909. Elle ne sortira qu’en 1970, sur le dernier album des Beatles, manière sans doute de boucler la boucle. La chanson fait référence au chiffre 9 qui poursuivit Lennon toute sa vie comme il le raconte dans une interview à Playboy en 1980 : « That was something I wrote when I was about seventeen. I lived at 9 Newcastle Road. I was born on the 9th of October, the 9th month (sic). It’s just a number that follows me around, but, numerologically, apparently I’m a number 6 or a 3 or something, but it’s all part of 9. »

If.

> One After 909 (alternate)

Photo : David Bailey, 1965

Saint Jean-Luc Godard

« Jean-Luc Godard deviendra-t-il plus populaire que le pape, donc juste un peu moins que les Beatles ? » (François Truffaut en 1967)

Mais c’est avec les Rolling Stones qu’il choisira de tourner un film, One+One, construit autour de la chanson… Sympathy For The Devil.

Strawberry Lane Liverpool Tour

En 1967, Google Map n’existait pas. Aussi, pour la sortie le 17 février 1967 du 45 tours Strawberry Fields For Ever / Penny Lane des Beatles, EMI Parlophone eu la bonne idée de publier cette publicité dans la presse musicale de l’époque. Pour la première fois, la pop music ne mettait pas à l’honneur une grande ville américaine, Kansas City ou Memphis, mais une ville de province sinistre du nord de l’Angleterre, Liverpool. Grâce à ce plan, chacun pouvait alors opérer une visite virtuelle sur le terrain d’enfance des Fab Four (aujourd’hui, ça donnerait ceci)

Dans In My Life (Rubber Soul, 1965), Lennon avait une première fois revisité les lieux de mémoire de son enfance. Avec Strawberry Fields / Penny Lane, paru quelques mois aves Sgt Peppers (les Beatles était bien le seul groupe à pouvoir se payer le luxe de publier leurs meilleurs titres hors albums), le tandem Lennon-McCartney poursuivait son magical mystery tour dans la ville de leur enfance et par la même occasion faisait éclater les limites de la chanson pop, composant dès lors de véritables mini-symphonies de 3min30.

Les Beatles était également le seul groupe à pouvoir se payer le luxe de sortir un single sans face B mais avec deux Face A :

Face A : Strawberry Fields For Ever, mille-feuilles symphonique sous LSD, véritable tour-de-force technique et sommet surréalistico-poétique de l’œuvre de Lennon.

John & Paul, tranquilles, sur le tournage du clip de Strawberry Fields For Ever

Face A : Penny Lane, cavalcade cuivres au clair célébrant le mariage parfait du baroque et de la pop.

John & Paul à cheval sur Penny Lane

Véritable chef-d’œuvre de la musique pop, Strawberry Fields / Penny Lane, how ironic, sera le seul disque des Beatles à ne pas atteindre la première place des charts dans leur pays, devancé d’une tête par l’inepte Release Me de l’affreux Engelbert Humperdinck.

> Allegro moderato du Concerto brandebourgeoisn°2 de J-S Bach, dont la partie de picolo a fortement inspiré McCartney pour les cuivres de Penny Lane.
> Excellent article psychanalytique sur la genèse et la représentation de ces deux titres dans l’histoire du groupe et de la pop music en général.

I Want A Beatle For Christmas

Les adolescentes des années 1960 avaient des goûts plus sûrs et plus simples que celles des années 2000 : pas d’iPode, ni de téléphone portable ou de console de jeu. Un Beatle tout simplement. Et en guise de lettre au Père Noël, un 45 tours.

> I Want A Beatle For Christmas, Becky Lee Beck (1964)
> All I Want For Christmas Is A Beatle, Dora Bryan (1963)
> Christmas Time Is Here Again, The Beatles (1967)

Revolution (200)9

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Revolution 9, qui figure sur le double-blanc des Beatles (1968), a toujours eu une place particulière dans le cœur des fans du groupe anglais : la dernière. Avec la sortie aujourd’hui de la totalité des albums en version remasterisée, il y a de fortes chances que, en mono comme en stéréo, aucune modification ne soit apportée à ce classement.

Mais avec un Mickael Jackson six pieds sous terre et le divorce des frères Gallagher, les Beatles reprennent enfin leur place sur le trône. Ce qui ne les empêchent pas de poursuivre leur révolution en mettant sur le marché des disques alors même que le CD est en voie de disparition et que le single a remplacé l’album. Où comment nous mettre sur la paille quatre mois avant Noël et nous fâcher avec notre banquier.

Mais cette réédition est avant tout un défi pour la France. L’honneur de ce pays est en jeu : au classement des artistes ayant le plus vendus de disques en France entre 1955 et 2008, les Beatles arrivent à la… 8ème place, derrière, tenez-vous bien : Johnny, Sardou, Goldman, Sheila, Céline Dion, Claude François et Cabrel. Face à cet affligeant tableau, un seul geste civique : racheter tout le catalogue des Beatles.

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Sinon, les Beatles sur internet, c’est sur Pearltrees et nulle part ailleurs :
 Lucy in the web with pearltrees 

Alfred Starr

Si Hitchcock et les Beatles sont des invités réguliers de ce blog, jamais nous n’aurions imaginé qu’ils puissent l’être en même temps. C’était sans compter sur Sir Alfred. Saboteur ? Cinquième colonne ?