Archives mensuelles : janvier 2009

Cymbalum Underground

cymbalum

Hier, 19h, veille de grève. Dans le métro, un homme discret, courtois, pénètre dans le wagon, un cymbalum autour du cou. A peine avait-il frappé les cordes de son instrument avec ses « marteaux » que tous les passagers cessèrent sur le champ leur occupation, interpelés par cet iconoclaste qui ne jouait (et ne massacrait) aucun des trois airs officiels du métro parisien : ni « Besame Mucho », ni « Emporté par la Foule », ni ce sempiternelle air folklorique russe qu’on croirait composé spécialement pour le métro . Les passagers tirèrent donc le nez de leur sudoku pour écouter cette mélodie délicate et ce son cristallin.

L’interstice fut de courte durée : à l’arrêt suivant, deux employés de la RATP en flagrant délit d’excès de zèle à quelques heures du début de la grève, le happent hors du wagon lui signifiant qu’il n’avait pas le droit de jouer sous terre. Une façon de l’appeler fermement lui aussi à faire grève.

Arthur Russell

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  C’était hier, au Panic Room, tu vois c’est idiot j’ai cru à une promotion sur les cocktails alors j’en ai pris deux, un Bloody Mary et un Goumcucumber, mint & vodka-. Finalement cet alliage de crudités liquides m’a bien plu et tout en sirotant 2 de mes 5 veggies-a-day, j’ai regardé le dj.
En fait, tu vois, il y a deux sortes de dj, ceux qui chantonnent en piétinant (que l’on peut ranger avec ceux qui lèvent la main aka
ceux qui tâtent le plafond) et les autres.
Si ton karma est bon, que tu tombes sur un de ces autres, et qu’il a le malheur de te fancier un peu, il met les chansons qu’il sait que tu aimes bien, des fois même celles que vous avez
découvert ensemble , parfois, enfin, il tombe les écouteurs et vient danser avec toi, vous saluez les dieux ensemble et c’est bon.

Et comme on ne peut pas tout faire, ce soir-là figure-toi que je n’ai pas écouté Arthur Russell .


Molly Mc Gorn

Alfred Starr

Si Hitchcock et les Beatles sont des invités réguliers de ce blog, jamais nous n’aurions imaginé qu’ils puissent l’être en même temps. C’était sans compter sur Sir Alfred. Saboteur ? Cinquième colonne ?

Bande à part

La plage de Gaza en 1928

La plage de Gaza en 1928

Mieux qu’une série américaine… Roz Chast !

Bonne année

Bonne année !

Au début, je pensais que Roz Chast était un homme. Un vieux New Yorkais cynique et désopilant, un Woody Allen de la caricature, un Philip Roth du stylo feutre. Depuis vingt ans, son nom signe (à mon avis) les caricatures les plus étonamment drôles du New Yorker. Si vous ne voyez pas de qui je veux parler, regardez ci-dessus et dessous.

En réalité, Roz Chast est une petite dame blonde qui vit paisiblement dans le Connecticut, elle est mariée et mère de deux enfants. Elle est née à Brooklyn de parents instituteurs. C’est en 1978 qu’elle vend sa première caricature au New Yorker, à l’époque où celui-ci publiait surtout le genre de dessin dans lequel deux hommes assis à un bar échangent un bon mot d’un air imperturbable.

Son monde est peuplé de mères de familles assaillies par des peurs irrationnelles, d’objets qui se rebellent et d’inombrables cartes de vœux, publicités et autres fausses couvertures de magazines qui, au lieu de flatter leurs lecteurs, exploitent leurs aspirations manquées et leur paranoïa rampante.

Si je compare Roz Chast aux meilleurs satiristes américains, c’est parce qu’elle a non seulement un coup de stylo reconnaissable entre tous – ces personnages aux contours frémissants qui suent l’angoisse par tous les pores – mais aussi parce que son travail est merveilleusement écrit. 

Un recueil paru en 2006, Theories of Everything, reprend ses meilleurs cartoons.

Smoking Porn

La vie de famille selon Roz Chast

La vie de famille selon Roz Chast

Roz Chast par elle-même

Vous aimez le punk et Bowie ?

francoiseothers

Venez nombreux c’est une expérience formidable

(demandez-vous à quand remonte votre dernière expérience formidable, réfléchissez vite dans 2 jours ça aura disparu)

L’ombre de Charles Mingus

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Charle Mingus est mort  il y a trente ans jour pour jour, le 5 janvier 1979. Vingt ans plus tôt, au printemps 1959,  il publiait son album le plus célèbre – et sans doute le plus accessible -, Mingus Ah Um. La même année il composait la bande originale d’un film tourné comme un disque de jazz, Shadows, première réalisation et coup de maître de John Cassavetes (1929-1989). Bon ou mauvais présage pour cette année 2009 : l’essentiel ici (naissance, création, mort) se passe au cours des années en 9…

Contrebassiste hors-paire, pianiste occasionnel, compositeur de génie, Charles Mingus est à l’origine d’une œuvre à son image : démesurée, impulsive, composite et engagée. Ecouter un disque de Mingus s’est se plonger immédiatement dans la tradition afro-américaine (le blues, le gospel), mais aussi le swing de Duke Ellington (son idole) et l’héritage du be-bop.

Charles Mingus était, selon l’écrivain James Baldwin, un homme « en colère tous les jours ». Trente ans après sa mort, la meilleure façon de lui rendre hommage est sans doute de laisser planer son ombre sur nous et d’être nous aussi en colère tous les jours.

Photo de Lida Moser prise en 1965 chez lui à New York.
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