Archives de Tag: Scott Walker

Contact

The Beatles, par Robert Freeman, 1966

Jack Nicholson

Scott Walker, 1967

Woody Allen, 1965

John Lennon par Richard Avedon, 1967

BB, 1967

> Contact, Brigitte Bardot & Serge Gainsbourg, 1967
> Contact (BB remix), DJ Booka Shade

Quand Scott Walker faisait n’importe quoi…

Auteur d’albums qui comptent parmi les plus beaux de la fin des années 1960, avec un carré d’as que sont Scott, Scott 2, Scott 3 et Scott 4, publiés entre 1967 et 1969, Scott Walker s’est ensuite égaré en commettant des albums qui frisent l’hérésie et constitués uniquement de reprises. Pour ensuite de disparaître pendant de longues années.

Comment l’auteur d’un titre aussi sublime que Plastic Palace People a-t-il pu retourner sa veste de vison pour ne laisser apparaître que sa doublure en polyester ultra cheap ? Pour les classiques, je vous laisse acheter les albums (vous pouvez jeter un œil ici, ici et ici pour un aperçu). Pour ce qui est de la période cheap, voici une petite sélection des quelques titres qui surnagent du naufrage, curiosités pour fans only, toujours à la limite du bon goût, sans jamais vraiment y tomber.

Pour commencer, deux titres issus de son album reprenant des thèmes de cinéma The Moviegoer (1972) : Speak Softly Love, une reprise improbable du thème du Parrain ; The Summer Knows, composition de Michel Legrand pour le film Summer 42 qui aurait pu figurer sur Scott 1, 2, ou 3. Puis deux titres extraits de son album Any Day Now (1973) : le premier est une composition du brésilien Caetano Veloso sur laquelle Scott Walker s’en sort pas mal alors que l’exercice était plutôt casse-gueule (l’originale ici) ; le second est une reprise assez honnête d’un classique Motown, si on fait l’impasse sur le solo de guitare final.

> Speak Softly Love
> The Summer Knows
> Maria Bethania
> Ain’t No Sunshine

La guerre est finie ! (si vous le voulez)

Il y a tout juste 40 ans, en décembre 1969, John Lennon et Yoko Ono lançait à l’occasion des fêtes de Noël, une campagne un rien ambitieuse sous le slogan War Is Over (if you want it). L’ex-Beatle qui se reconvertissait alors dans la politique, avait pioché sans ses royalities pour financer et faire placarder dans les grandes capitales européennes d’immenses affiches reprenant ce slogan.

Le couple d’activistes publia deux ans plus tard un single intitulé Happy X-Mas (War Is Over), relativement dispensable. A l’inverse de la chanson de Scott Walker au titre similaire, War Is Over, enregistrée à la même époque et publiée sur l’album Til The Band Come In (1970) qu’il clôture (de la même façon qu’il clos Suspendue, court-métrage de Karine Wehbé et Philippe Azoury, tourné dans les décombres de la guerre du Liban de 2006). Chanson sublime et crépusculaire, peut-être sa plus belle, avant qu’il fasse le choix de se reconvertir, Dieu seul sait pourquoi, dans les reprises country.

> The War Is Over, Scott Walker (1970)
> Happy X-Mas (War Is Over), John Lennon (1969)
> Interview de Lennon sur RTL, 22 décembre 1969.

(If you want it…)

« Ne me parle jamais de Copenhague… »

« Il y eu tant de miracles à Copenhague… » chantait Philippe Katerine en 1996 sur ses Mauvaises fréquentations, près de trente ans après le Copenhagen de Scott Walker. Bossa magnifique, ouatée dans une douceur hivernale et bercée par une flûte soyeuse bientôt rejointe par un theremin.

« Comme si nous n’étions jamais revenu, de ce Noël à Copenhague ».

> Copenhague, Katerine.

Copenhague / Copenhagen

« Copenhagen, you’re the end,
Gone and made me a child again.
Warmed my feet beneath cold sheets,
Dyed my hair with your sunny streets. »

> Copenhagen, Scott Walker (1969)

Fils de…

Scott Walker

Il est blond, bien coiffé, le genre gendre idéal. Malgré les apparences, il ne s’agit pas de Jean Sarkozy mais de Scott Walker. Faux frère dans les Walker Brothers, il se lance en solo en 1967 et reprendra à plusieurs reprises Jacques Brel dont il s’était fait l’interprète anglophone et dont il a contribué a populariser l’œuvre au delà des frontières francophones. Pour son album Scott 3 (1969) il enregistre trois titres de Brel dont « Sons Of », dédié à tous les fils de.

Ecouter Sons Of de Scott Walker.

Le soleil s’ennuie

bill_fay
Réchauffement climatique, mon œil. L’hiver n’en finit pas. Le seul point positif, c’est que je bénéficie d’un répit pour terminer le Journal écrit en hiver d’Emmanuel Bove (auteur dont nous reparlerons plus en détail une prochaine fois).

On peut toujours essayer de feindre en écoutant de la Sunshine Pop les yeux fermés, des Harpers Bizarre aux Free Design en passant par Sagittarius. Mais très vite on est bien obligé de se rendre à l’évidence : le soleil fait la gueule.

L’hiver 1970 avait sans doute aussi joué les prolongations s’il on en juge la mélancolie qui se dégage du premier album de Bill Fay sorti la même année. Si l’ensemble est assez sombre, les chansons sont pour la plupart très belles malgré la lourdeur de certaines orchestrations qui n’ont pas la finesse de celles de son contemporain Scott Walker. L’album est un échec tout comme le suivant au titre engageant : Time of the last persecution. Bill Fay sombre alors dans l’anonymat total jusqu’à la réédition de ses disques en 2005.

En écoute : Sun is bored, chanson crépusculaire où il est question de toréador, de ministre et du Soleil qui, à force de s’ennuyer, disparaît. Chanson géniale ou boursouflure indigeste ? A vous de juger.

« The sun goes down, never to rise again ».
Sun is bored (orchestral version)
Sun is bored (acoustic version)