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Remaniement

Paix(kin)

Le prix Nobel de la paix 2010 a été décerné à Liu Xiaobo le jour de l’anniversaire de l’auteur de Give Peace A Chance.

Anna, sauvage comme une image !


Un photographe de mode fait placarder dans tout Paris la photo d’une fille (cf. ci-dessus) qu’il a découvert par hasard au second plan de l’un de ses clichés. « Pas mal pas mal du tout / Etonnant, faudrait voir ça de plus près / Des yeux gris, des yeux verts, demain je saurai leur couleur exact ». Lui c’est Jean-Claude Brialy. Elle, c’est Anna Karina, tout juste échappée d’Alphaville, et qui se languit dans sa solitude : « Un jour comme un autre ou je restais seule avec moi / Pourquoi Anna, Anna, restes-tu seule avec toi ».

Cette histoire d’amour où les deux protagonistes ne se rencontrerons véritablement jamais, c’est la comédie musicale Anna, objet pop télé non identifié, réalisé en 1966 par Pierre Koralnik, mis en « lyrics » et en musique par Serge Gainsbourg sur des arrangements de Michel Colombier. C’était hier soir à la Cité de la Musique à Paris, unique initiative pertinente de la célébration des 80 ans de l’Homme à tête de chou impérial dans son rôle de conseiller-mentor cynique et polygame.

« Qu’est-ce autre chose que la vie des sens, qu’un mouvement alternatif qui va de l’appétit au dégoût et du dégoût à l’appétit, de l’appétit au dégoût et du dégoût à l’appétit…/ L’âme flottant toujours incertaine entre l’ardeur qui se renouvelle et l’ardeur qui se ralentit, l’ardeur qui se renouvelle et l’ardeur qui se ralentit… / Mais dans ce mouvement perpétuel, de l’appétit au dégoût, de l’appétit au dégoût et du dégoût à l’appétit, on ne laisse pas de se divertir par l’image d’une liberté errante. Tu sais de qui c’est ? non ? Bossuet. »

Alors que la télévision française s’enfonce à la fois dans la médiocrité et dans l’escarcelle du pouvoir élyséen, la projection de la comédie musicale Anna nous a propulsé à une autre époque, celle d’une télévision française audacieuse, capable de s’affranchir de la gangue (gang ?) de l’ORTF pour offrir un spectacle hors normes où un type ultra classe déclamait du Bossuet sur fond de guitares fuzz tandis que se profilait sur l’écran une apparition magique de Mme Mick Jagger, la diaphane Marianne Faithfull, qui chante « hier ou demain, mais pas aujourd’hui ». C’était hier. Sûrement pas aujourd’hui. Encore moins demain.

En bonus, la bande annonce japonaise du film indisponible en DVD…

L’édito-sans-parachute du PDG de Polystyrène TV

Paix sur le (toit du) monde et bienvenue dans celui de Polystyrène TV.

Vous l’ignorez sans doute puisqu’on s’évertue à vous le cacher, mais s’adonner de façon régulière à une activité physique s’apparente à s’y méprendre à la pratique d’un sport.
Qu’il s’agisse d’une pratique individuelle, en couple, collective, active ou télé-spectato-passive, secrète et honteusement cachée à l’abri des parois placoplâtrées des casiers-HLM et des pavillons-standards, ou surexposée façon jogging-élyséen-pour-frimeur-issu-des-urnes, désintéressée ou encore vomitivement cousue-d’or, le risque est le même, et il est grand, de tomber dans le piège-du-sport-spectacle.

Utilisé par les pouvoirs-en-place-gavés-d’orgie-en-tout-genre pour contenir les humeurs écoeurées frondeuses et vengeresses d’une population-en-mal-de-repères-et-d’idoles, le sport-spectacle, parent-tout-en-muscle-et-sous-stéroïde du showbizness-traditionnel-façon-Barclay, à défaut de donner l’exemple en matière d’élégance vestimentaire estivale, à l’instar de son blanc-cousin, lave-au-karcher, en pantacourt, en silence et en profondeur, les sillons-médiatico-stérilisés de nos disques-mous-en-jachère.

Et c’est alors que s’éloigne de nous maintenant le grand-sportif-show-chinois-que-nous-savons, paravent glacial à doublure-rouge-sang, spécialement ouvragé à usage d’une humanité-taurine daltonienne ou aveugle aux contours moraux mal-définis, et tandis que continuent de couler des pentes éternellement enneigées du toit du monde les larmes de moines pacifistes dans le murmure à peine répréhensible des représentants-bidons-mais-hélas-élus d’une communauté internationale bafouée et inerte en mode-pré-final, c’est alors qu’une palanquée d’amateurs de cash-cash-party, avides de stock-options, et ataviquement boursouflés d’autosatisfaction outrecuidante, ont subrepticement glissé vers une radicalisation sans-retour, transformant leur déjà-navrant hobby-familial-de-rupin-en-mal-de-rebellion, en s’essayant au vol libre: très-à-l’aise au décollage, bien équipés, soutenu par l’Etat, entourés-d’amis, blindés et rompus à ces techniques-de-vol-apprises-aux-écoles-que-l’on-sait, et parachute-massif en poche, ces cracks-de-l’imposture ont malgré tout fini par s’écraser et sèchent depuis, timides et faux-derches, sous les éclairs des flashes et les morsures émoussées des flèches journalistiques : le monde entier se fâche, déplore le fichu gâchis; eux s’en fichent, chopent le chèque et s’échappent en jet, préfèrent le golf à Marrakech aux speech-sur-les-marchés-qui-flanchent et autre pleurnicherie-sur-la-dèche : ça déclenche l’alarme dans les caboches; avachis comme devant un sous-chef-sous-scotch, les fauchés-en-short hochent leur tronche de chair molle et leurs miches gonflées de mauvaise bidoche, puis shootés au steak haché, s’arrachent de leur couche, s’acheminent à grande échelle au supermarché-le-plus-proche, et s’achètent des masses de choses-à-mâcher, sait-on-jamais, rapport au crash.
Oui, ici, dans la ville aux millions de visages pâlots, que n’égaye même plus une eau-de-feu-de-grande-surface, c’est l’abandon généralisé, de la plaine, aux vautours…

Pendant ce temps, lasses d’elles-mêmes, engluées d’impuissance, de sudation surpondérale et de débauches-répétées-et-contre-nature, quelques éminences grisâtres somnolent, des rêves avariés aux allures-de-dégueulis collés aux glandes… Que de leurs yeux asséchés et bouffis-d’enflures, percent des pleurs au Co2, au soleil brûlant de l’arctique, là où fondent les derniers ours couleur-banquise.

Monsieur Untel, PDG de Polystyrène TV, télévision moderne en matériaux synthétiques.

www.myspace.com/monsieuruntel
www.lelab.tv (cliquer « Polystyrène TV »)

Mais quelle heure il est ?


« Remettre les pendules à leur place ». C’est en tout cas l’intention émise par Johnny Hallyday dans une récente interview. Une invitation à la raison ? Sans aucun doute. Car à l’heure où nous nous apprêtons à changer d’heure, il serait temps de nous réveiller – avec une heure d’avance – sur les raisons d’une décision qui, deux fois par an, troublent notre sommeil. Pour économiser de l’énergie me dit-on. Entre 0,1 et 0,5% ai-je lu dans la presse (pour des raisons déontologiques évidentes, je ne réveillerai pas mes sources). Il semble donc que cette initiative, louable en son temps, ne soit plus du sien et nous fasse perdre le nôtre. Les paresseux dormiront une heure de plus ; les angoissés angoisseront une heure de plus ; les travailleurs de nuit travailleront une heure de plus (pour gagner autant). La parfaite arnaque en somme et en pleine nuit.
« Il est cinq heures » proclame ce blog ». Ou plutôt quatre. A moins que ça ne soit six… Tout ceci, je vous le disais, donne envie de remettre les pendules à leur place. Comme il est opportun de siffler La Marseillaise avec Serge Gainsbourg (cf. le post précédent), n’ayons pas peur de demander avec Monsieur Untel, la tête enfouie sous l’oreiller, en duo-sous-la-couette avec Jeanne Balibar, « mais quelle heure il est ? »