Archives mensuelles : août 2009

Kind of Blue, Miles Davis en direct du paradis

John Coltrane, Cannonball Adderley, Miles Davis & Bill Evans enregistrent Kind of Blue

John Coltrane, Cannonball Adderley, Miles Davis & Bill Evans enregistrent Kind of Blue


Après le Prince du mélodrame, Douglas Sirk, Il est cinq heures, toujours ponctuel, célèbre aujourd’hui le Prince du cool jazz, Miles Davis, dont l’album Kind of Blue est sorti il y a exactement 50 ans, le 17 août 1959.

Disque parfait, inépuisable, Kind of Blue demeure un demi-siècle après son enregistrement un album résolument moderne. « Le musique est devenue trop compliquée » déclarait Miles en 1958. « On me donne des morceaux pleins d’accords. Je ne peux pas les jouer… Je crois que dans le jazz, un mouvement commence à s’éloigner du traditionnel système d’accords, pour revenir vers le fait de mettre l’accent sur les variations mélodiques plutôt qu’harmoniques. Il y aura moins d’accords, mais des possibilités infinies de combinaisons entre eux ». Bref, avec ce disque, Miles Davis signait le retour de la mélodie dans le jazz. Et par là même, un authentique chef d’œuvre qui, selon les mots du batteur de l’album, Jimmy Cobb, « avait dû être enregistré au paradis ».

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« Les films de Douglas Sirk libèrent la tête »

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« Peu importe, Godard, Fuller, moi ou un autre, aucun de nous ne peut arriver à la cheville de Douglas Sirk. J’ai vu six films de Douglas Sirk. Parmi eux, il y avait les beaux du monde » (R. W. Fassbinder, Les films libèrent la tête, L’Arche, 1984).

Je n’en ai vu que trois, mais mon constat est le même : les films de Douglas Sirk sont parmi les plus beaux jamais réalisés. « Chef-d’œuvre », « bouleversant » : bien que galvaudés par les critiques, ces deux mots sont bel et bien les seuls à même d’exprimer l’émotion ressentie à la vision de ces films, qu’il s’agisse de Ecrit sur le vent, Tout ce que le ciel permet ou de Le Temps d’aimer et le temps de mourir (un titre qui à lui seul résume le propos de Sirk dans nombre de ses films).

Entre 1953 et 1959, Sirk à tourné sept mélos capitaux. Le dernier d’entre, eux (et le dernier du réalistateur), Imitation of Life (Le Mirage de la Vie), est souvent considéré comme étant le plus beau. Si la réussite d’un film se mesurait aux nombre de larmes versées et du chamboulement émotionel qu’il provoque lors de sa projection, il faudrait alors remettre la palme au Mirage de la Vie.

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Du générique (des diamants qui tombent lentement jusqu’à remplir l’écran tandis que les noms des acteurs apparaissent en surimpression) au carton de fin, chaque image est un véritable enchantement. « J’ai l’impression que les images durent deux fois plus que celles des films habituels, un quarante-huitième de seconde au lieu d’un vint-quatrième de seconde » écrira Godard dans sa critique des Cahiers du Cinéma à la sortie du film. Imitation of Life met en scène des personnages qui butent perpétuellement sur la réalité de la vie et les mirages que celle-ci produit. Chacun essaie de prendre ses désirs et ses envies pour des bien propres. Mais la réalité sociale les rattrape à chaque fois.

Suronommé « le Prince du mélodrame », Douglas Sirk mériterait en fait le titre de Dieu du mélodramme. Un genre cinématographique qu’il su réinventer et dépasser pour le sublimer. Car derrière les films à l’eau de rose auquel on pourrait s’attendre à la lecture des résumés de scénarios, se cache une virulence et une émotion brute emprunt de ce que certains ont pu appeler un « réalisme fantastique ».

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On pourrait parler des couleurs, toujours magnifiques, du choix impécables des acteurs, des décors – dans lesquels les miroirs, les fenêtres et les escaliers tiennent une place prépondérante -, de la neige et des saisons qui passent, du rôle de premier rang que tiennent les femmes dans ses films… On aurait pas plus fait le tour d’une œuvre magistrale et unique.

Les films de Douglas Sirk sont parmis les plus beaux du monde.

Dix ans après la sortie de Imitation of Life, les Supremes enregistrèrent un hommage inattendu à ce film sous le titre I’m Leaving In Shame. Une belle chanson dans la plus pure tradition Mowton dont les paroles font directement référence à l’histoire des personnages de Annie et Sarah Jane.

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