Archives mensuelles : octobre 2010

Conversation sur écoute

Si vous ne vous êtes pas encore fait voler votre ordinateur, pas de panique, rien ne dit que Brice la Police n’est pas en ce moment même en train d’éplucher vos fadettes…

Pas la peine de désosser votre appartement pour autant, à l’image de Gene Hackman dans Conversation Secrète. Mais c’est sans doute l’occasion de réécouter la musique de ce film que Coppola, fidèle à l’adage hollywoodien selon lequel on est jamais mieux servi que par son beau-frère, avait eu l’excellente idée de confier au frère de sa femme, David Shire.

Attention : une écoute répétée de l’entêtant (et envoutant) thème du film ne protège pas de la paranoïa.

> Theme From The Conversation, David Shire, 1974

The Ipcress sound

On connaissait le formidable score composé par Roy Budd pour Get Carter avec Michael Caine dans le rôle titre (1971). Alors que The Ipcress File ressort sur les écrans cette semaine, avec le même Michael Caine qui interprète Harry Palmer, sorte d’anti James Bond, voici l’occasion de (re)découvrir le thème du film composé par John Barry qui se montre ici encore plus inspiré, et surtout plus sombre, que pour les aventures de l’agent 007.

> The Ipcress File Main Title , John Barry, 1965

Une apparition



« Elle a une voix enchanteresse et parle l’anglais avec une pureté admirable. C’est une femme superbe, avec un air très vague très doux, le nez est un peu relevé mais droit et spirituel, la taille élancée, un visage d’un ovale très pur, un ovale un peu triangulaire, mais le teint est lumineux et comme éclairé de l’intérieur. (…) Ce n’est pas une femme, c’est une apparition ».

Rien à ajouter à la description parfaite du détective Doinel dressant le portrait robot de Delphine Seyrig alias Mme Tabard dans Baisers Volés de François Truffaut (1968).

Inoubliable également, la subtile distinction entre tact et politesse que Mme Tabard enseigne au jeune Doinel : « un monsieur en visite pousse par erreur la porte d’une salle de bain et découvre une dame absolument nue. Il recule aussitôt, referme la porte et dit : “Pardon madame.” Ça, c’est la politesse. Le même monsieur poussant la même porte découvrant la même dame complètement nue sort, lui, en disant : “Pardon monsieur.” Ça, c’est le tact. J’ai compris votre fuite, à demain. »

Delphine Seyrig, une apparition disparue il y a 20 ans, le 15 octobre 1990. Elle nous était attachée et attachante par bien des aspects : elle était née à Beyrouth, ville chère à notre cœur, figurait en couverture de notre exemplaire lycéen du Lys dans la Vallée, premier Balzac lu et très vite relu avant de la découvrir sur grand écran se perdre dans les méandres de Marienbad puis interpréter l’inoubliable Fabienne Tabard dans Baisers Volés, notre Truffaut préféré, version moderne d’Un début dans la vie du même Balzac.

Apparition devenu fée dans Peau d’Âne de Jacques Demy pour lequel elle enregistra sa version des Conseils de la fée des Lilas qui ne fut pas retenu dans le montage final. Quel dommage, « mon enfant ».

> Conseils de la fée des Lilas, par Delphine Seyrig, 1970.

> Thème de « Fabienne », par Antoine Duhamel, BO de Baisers Volés, 1968

> Que reste-t-il de nos amours?, par Charles Trenet, 1943.

Indian Summer

Tu sais (…) nous marchions sur une plage (…) un automne où il faisait beau (…) dans le Nord de l’Amérique (…) on l’appelle l’été indien (…) avec ta robe longue tu ressemblais (…) je me souviens très bien (…) il y a un an, y a un siècle, y a une éternité (…)

Si c’est pas l’été indien, ça y ressemble fort.

> Lee Hazlewood & Nancy Sinatra, Indian Summer (Joe Dassin cover) – 1976

Paix(kin)

Le prix Nobel de la paix 2010 a été décerné à Liu Xiaobo le jour de l’anniversaire de l’auteur de Give Peace A Chance.

LLW 70 IF…

… Living Lennon Would be 70 If.
En 1969, les plus tordus des fans des Beatles cherchait des indices de la mort supposée de Paul McCartney. Sur la pochette d’Abbey Road, une Beatle VW est immatriculée « LMW 28 IF », combinaison immédiatement décryptée en « Living McCartney Would be 28 If (il n’était pas mort) ».

On aimerait bien chercher aujourd’hui des indices de la mort de John Lennon et donc du fait qu’il soit… toujours en vie. Pas de bol, John est bel et bien mort, le 8 décembre 1980 et aurait eu 70 ans aujourd’hui le 9/09 si…

L’une des toutes premières chansons composées par le duo McCartney / Lennon (ce dernier s’empressa dès le second album d’inverser l’ordre des noms) s’intitule One After 909. Elle ne sortira qu’en 1970, sur le dernier album des Beatles, manière sans doute de boucler la boucle. La chanson fait référence au chiffre 9 qui poursuivit Lennon toute sa vie comme il le raconte dans une interview à Playboy en 1980 : « That was something I wrote when I was about seventeen. I lived at 9 Newcastle Road. I was born on the 9th of October, the 9th month (sic). It’s just a number that follows me around, but, numerologically, apparently I’m a number 6 or a 3 or something, but it’s all part of 9. »

If.

> One After 909 (alternate)

Photo : David Bailey, 1965

De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites

Titre sublime (The Effect of Gamma Rays on Man-in-the-Moon Marigolds en VO), affiche sublime, film sublime. De Paul Newman (1972).