Archives mensuelles : juillet 2009

Hadopi, ou l’internet sous anesthésie

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Dans une interview à Playboy publiée dans le numéro de mars 1969, et que la revue Books cite dans sa dernière livraison, Marshall McLuhan expliquait que les médias, produits du cerveau humain, sont une « extension [du corps] de l’homme, qui induit chez lui des changements profonds et durables et transforme son environnement ». Après les inventions de l’écriture phonétique puis de l’imprimerie, celle des médias « électriques » introduisait à ses yeux une mutation beaucoup plus rapide et plus radicale encore que les précédentes : « Les médias électriques représentent une transformation totale et presque instantanée de la culture, des valeurs et des attitudes. »

Selon McLuhan, « le présent est invisible », c’est-à-dire que chaque fois que se produit une innovation importante, « le système nerveux central produit une anesthésie autoprotectrice » qui le prémunit contre la « pleine conscience » de ce qui lui arrive.

L’anesthésie, j’en connais un rayon et il semble bien que les promoteurs de la loi Hadopi soient sous l’effet d’un sédatif ultrapuissant, façon Tour de France, pour pondre une législation aussi inutile, totalement à contre courant de la révolution technologique en cours.

Le nouvel environnement créé par une innovation « ne devient pleinement visible qu’après son remplacement par un nouvel environnement : nous avons toujours un temps de retard dans notre vision du monde » poursuit l’américain. Du coup, on comprend qu’après coup.

L’editorialiste de Books note ainsi que, je cite, « la difficulté de comprendre la mutation présente et le mécanisme d’autoprotection décelé par McLuhan suscitent assez logiquement deux réactions contraires. La première consiste à se défendre contre le risque du nouveau en survalorisant les mérites de l’environnement précédent. La seconde consiste à se défendre contre la crainte de ne pas comprendre en survalorisant les mérites du nouvel environnement, tel du moins qu’on le perçoit ».

Hadopi est clairement dans le premier camp. Et vous ? Quant à moi…

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Moonwalk

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Un quart de siècle avant Michael Jackson, deux astonautes inventaient le Moonwalk. Mais ont au final vendu moins de badges que l’ex-King of Pop.

Moon Time, bande son idéale pour une promenade en solitaire sur la Lune, composée par Dudley Moore pour le film Bedazzled (1967) de Stanley Donen et digne des meilleures ballades instrumentales de Brian Wilson ou Burt Bacharach.

Jack Ben et Son Laden, american idols

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Michael, fils de Jack, et Oussama, fils de Laden. Deux idoles, certes incomparables, l’un prônant la fraternité quand l’autre s »échine à répandre la terreur, mais deux idoles quand même.

Je ne sais pas où a été prise cette photo. Je l’ai trouvé sur ce site. Elle aurait pu être prise à Beyrouth d’où je reviens tout juste. Non pas que les Libanais soient, quoi qu’en disent certains médias et dirigeants politiques, des partisans de l’affreux Ben Laden (il y a bien entendu quelques illuminés manipulés et tendus de la gâchette mais ils sont, Dieu merci, minoritaires), mais de tels contrastes, le King of Pop à côté du king of terrorism, sont si fréquents qu’on s’en étonnerait à peine.

Je me souviens par exemple d’avoir vu dès 2002, à l’occasion de Mardi Gras, des masques de Ben Laden côtoyer ceux de Mickey, Barbie et Spiderman dans les vitrines des magasins, y compris dans les quartiers chrétiens. De même, en plein quartier conservateur musulman, il ne faut pas s’étonner (ni s’attarder trop longuement non plus !) devant certaines devantures de boutiques de lingerie féminine à faire rougir de honte Pigalle (un aperçu sur le blog de l’excellente Karine W., graphiste, artiste et photographe beyrouthine sur qui nous reviendrons très vite).

Les exemples abondent mais il serait maladroit d’en faire une généralité. Certes, les Libanais, et en particuliers les Beyrouthins, sont tous peu ou prou atteints d’une forme de schizophrénie. Mais la réalité est plus complexe (le sujet d’un livre en fait, auquel je m’attèle au plus vite).

Pour en revenir à cette photo, il faudrait mener une vraie réflexion sur la figure des stars aujourd’hui, vedettes d’hier v/s idoles du 3e millénaire. Sujet sur lequel s’est penché l’incontournable Stetoscope, l’une des têtes pensantes de Pearltrees, analysant le rôle d’internet dans la disparition des stars telles qu’on les a connues au XXe siècle.

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Ben, Michael Jackson

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