The ghost Swimmer

Parfois on pense être le seul à connaître un film. C’est parfaitement idiot. J’ai pourtant longtemps cru que personne d’autre que moi n’avait entendu parler de The Swimmer de Frank Perry (1968). Sa ressortie en salle cet été (et de nouveau le 24 novembre) a définitivement mis un terme à mon statut aussi illusoire qu’éphémère de happy few et tout le monde peut désormais contempler 90 minutes durant Burt Lancaster en slip de bain nager de piscine en piscine jusqu’à arriver chez lui à traverse une vallée du Connecticut.

Véritable OVNI cinématographique, The Swimmer dresse le portrait d’une Amérique (et en creux, d’Hollywood) buvant la tasse et d’une bourgeoisie en bout de course. Film prémonitoire sorti un an avant Altamont et le forfait de la Manson Family, deux des principaux événements qui mettront définitivement fins aux illusions des sxities.

La musique du film est signée Marvin Hamlisch, 23 ans à l’époque, qui alterne subtilement plages de easy listening aquatique et thèmes à la mélancolie empreinte de gravité.

> Theme From The Swimmer (Send For Me In Summer) – Big Splash, Martin Hamlisch, 1968 (dedicated to Philippe A.)

Remaniement

La France des soldats inconnus

La France (2007) et ses soldats « qui se perdent dans les ombres de la victoire ». Un film de Serge Bozon, scénario d’Axelle Ropert, musique de Benjamin Esdraffo et Fugu.

> Gospel Lane, Robbie Curtice with Tom Payne.

Klute que Klute

Tout savoir, coûte que coûte. C’est en résumé l’intrigue de Klute (1971), film pré-Watergate d’Alan J. Pakula dans lequel Jane Fonda plonge dans la paranoïa suite à une affaire de meurtre. Ecoutes téléphoniques, enregistrements clandestins, chantage, cambriolage : toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes blablabla…

Jane Fonda, en pleine période vietcong, recevra un Oscar pour son interprétation de la prostituée Bree Daniels protégée 24h chrono sur 24 par le flegmatique John Klute joué par Donald Sutherland.

Le bande originale a quant à elle été confiée à l’excellent Michael Small qui, comme son confrère David Shire, fut un habitué des parano movies puisqu’il a également composé les scores de Parallax View (Pakula, 1974) et de Marathon Man (Schlesinger, 1976).

> Klute Main Title, Michael Small, 1971

Les Hommes du Président


Le président aimerait-il tant le cinéma, comme il se plait à le faire croire, pour aujourd’hui parodier les films politiques américains des années Watergate ? Après Conversation Secrète, le voilà en train de tourner un remake des Hommes du Président, autre parano-movie des 70’s réalisé par Alan Pakula. Les « gorges profondes » n’ont en effet qu’à bien se tenir puisque Le Canard Enchainé révèle aujourd’hui que l’Elysée aurait monté une cellule pour surveiller les journalistes et leurs sources. Sacrée affiche donc avec Sarko dans le rôle de Tricky Dick et Edwy Plenel de Médiapart, notre Washington Post à nous, dans le rôle tenu en son temps par Robert Redford (qui a également joué dans L’Arnaque ou Le Candidat, autant de remakes sans doute en cours de pré-production dans les studios du 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré). Sinon Pakula a également réalisé A Cause d’Un Assassinat (The Parallax View) dont il n’est fait état d’aucun remake. Pour l’instant.

> Thème des Hommes du Président, par David Shire, 1976

Conversation sur écoute

Si vous ne vous êtes pas encore fait voler votre ordinateur, pas de panique, rien ne dit que Brice la Police n’est pas en ce moment même en train d’éplucher vos fadettes…

Pas la peine de désosser votre appartement pour autant, à l’image de Gene Hackman dans Conversation Secrète. Mais c’est sans doute l’occasion de réécouter la musique de ce film que Coppola, fidèle à l’adage hollywoodien selon lequel on est jamais mieux servi que par son beau-frère, avait eu l’excellente idée de confier au frère de sa femme, David Shire.

Attention : une écoute répétée de l’entêtant (et envoutant) thème du film ne protège pas de la paranoïa.

> Theme From The Conversation, David Shire, 1974

The Ipcress sound

On connaissait le formidable score composé par Roy Budd pour Get Carter avec Michael Caine dans le rôle titre (1971). Alors que The Ipcress File ressort sur les écrans cette semaine, avec le même Michael Caine qui interprète Harry Palmer, sorte d’anti James Bond, voici l’occasion de (re)découvrir le thème du film composé par John Barry qui se montre ici encore plus inspiré, et surtout plus sombre, que pour les aventures de l’agent 007.

> The Ipcress File Main Title , John Barry, 1965