Fantastic Mr. Wilson

Cinéma « vignette », « d’ameublement », « affecté »… Les films de Wes Anderson ne plaisent pas à tout le monde. Bien qu’imparfaits, ils n’en restent pas moins réjouissants et uniques en leur genre. Outre leur esthétique soignée et ultra-personnelle, les films du plus newyorkais des réalisateurs texans bénéficient tous d’une bande-son exceptionnelle. Et s’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à Wes Anderson, ce sont ses goûts musicaux et le soin qu’il apporte à l’élaboration de la BO de chacun de ses films. Des Creation de Rushmore aux Zombies de Life Aquatic en passant par les Kinks de Darjeeling Limited, c’est un sans faute.

Fantastic Mr. Fox n’échappe pas à la règle et hérite d’une partition au poil. Aux côtés des compositions originales confiées au toujours très inspiré Alexandre Desplat, on retrouve Street Fighting Man, hymne de révolte des Rolling Stones, le magnifique Grand Choral composé par George Delerue pour La Nuit Américaine de François Truffaut et… les Beach Boys, choix tellement évident qu’on se demande pourquoi Anderson a attendu son sixième film pour faire appel au génie de Brian Wilson et ses frères.

Les films du réalisateur américain content en effet grosso modo à chaque fois la même histoire : celle d’une famille foutraque avec à sa tête un père frapadingue (Bill Murray dans Life Aquatic et Rushmore, Gene Hackman dans Tenenbaum, Mr. Fox dans… Mr. Fox). Et que sont les Beach Boys si ce n’est une fratrie de types aussi torturés que géniaux, Brian, Dennis et Carl Wilson, affublé de leur ignoble cousin Mike Love et tyrannisés par un manager de père, alcoolique et brutal, Murray « I’m a genius too » Wilson ? Si on ajoute à cela que les meilleurs amis, acteurs et co-scénaristes de Wes Anderson sont les frères Owen et Luke Wilson…

Mélange de mélancolie et d’exubérance, la musique des Beach Boys est le groupe wesandersonien par excellence et l’association de Mr. Anderson et de Mr. Wilson tombait sous le sens. On retrouve ainsi trois chansons des Beach Boys au générique de Mr. Fox : l’inusable I Get Around (1965), l’un des plus grands hits du groupe et tube intemporel ; Heroes and Villains (1967) masterpiece en forme de puzzle musical, sorte de « suite » contant l’histoire des pionniers américains ; enfin, Ol’ Man River (1969), traditionnelle folk song sublimée par la performance vocale des garçons de la plage. Trois titres, trois facettes du génie de Brian Wilson, trois bonne raison d’aller voir Mr. Fox au cinéma.

> Heroes and Villains : la version du film est celle du 45t officiel ; la présente version est un montage de 8 minutes à partir des multiples fragments enregistrés en studio, et une tentative (tentation ?) de recoller les pièces du puzzle laissées en vrac par Brian Wilson suite au naufrage de Smile.
> Old Folks At Home / Ol’ Man River : inédit et bonus track de l’album 20/20.
> Old Man River (vocal section) : section a cappella de la même chanson que l’on retrouve sur la BO de Fantastic Mr. Fox.

Pearltree Wes Anderson
wes anderson

2 réponses à “Fantastic Mr. Wilson

  1. En intrw, Wes Anderson m’a justement dit qu’il pensait aux Beach Boys depuis longtemps pour illustrer un de ses films, mais attendait le moment opportun. Les BB dans Mister Fox sont « Un compromis entre la musique que j’aime et celle qui peut toucher un enfant »…

  2. ilestcinqheures

    Comme quoi il n’est jamais trop tard.
    Mais j’aime pas trop l’idée des BB comme musique de « compromis ». Les BB, tu les aimes ou tu les quittes !

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