La Maison des Bois, le plus beau téléfilm du monde

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« La France est ma patrie… Je l’aime comme j’aime mon père et ma mère. Afin de lui prouver mon amour, je veux être un enfant laborieux et sage, pour être, quand je serai grand, un bon citoyen et un brave soldat ».

Il y a un siècle, en pleine Guerre mondiale, les élèves ne débattaient pas en classe de la question de l’identité nationale mais ânonnaient en chœur cette profession de foi du bon citoyen. On la retrouve dans une scène du premier épisode de La Maison des Bois, magnifique feuilleton en sept parties réalisé par Maurice Pialat pour la télévision en 1971.

Que la TV française ait donné à l’époque les moyens à un metteur en scène de réaliser un tel projet diffusé à une heure de grande écoute nous ferait presque regretter le temps de l’ORTF. Ici, pas d’intrigue mais une succession de moments vécus par quelques personnages à la campagne durant la Première Guerre mondiale. Trois jeunes garçons dont les pères sont au front, sont accueillis en pension par « Papa Albert », garde-chasse interprété avec humour et bonhommie par Pierre Doris, et « Maman Jeanne ». Les mères, à l’exception de celle du petit Hervé, viennent de Paris les visiter tous les dimanches. On croise également le marquis qui continue de lire assidument l’Action française, le cafetier fervent socialiste, Marcel le fils qui doit partir à la guerre, le sacristain qui force un peu sur le vin de messe.

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Au moyen de plans séquences de plusieurs minutes, inhabituels à la télévision, Pialat laisse tourner la caméra pour nous faire partager du temps avec les protagonistes et dresse une sorte de tableau impressionniste (la scène de pique-nique du 3e épisode). La guerre n’est évoquée que de loin, par des lettres venant du front, le passage par le village d’une colonne de soldats, Pialat préfèrant s’attarder sur les gamins jouer entre eux à d’imaginaires batailles de tranchées.

Le réalisateur signe là son film le plus tendre dans lequel, à l’instar d’un Balzac, il peint la vérité humaine avec ce qu’elle comporte à la fois d’innocence et de cruauté. La Maison des Bois est un véritable plaidoyer pour l’amour qu’il faut revoir de toute urgence, en DVD ou sur le site de l’INA.

Ecouter Trois beaux oiseaux de paradis de Maurice Ravel, bande sonore du générique du film.

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