Le Secours Catholique croit en toi… Cela fait au moins quelqu’un.

Affiche de James Montgomery Flagg (1916)

Affiche de James Montgomery Flagg (1916)

Un petit garçon bien peigné, une petite fille métisse, arborent un grand sourire en pointant vers nous un doigt accusateur : « Je crois en toi ! » Le message court sur les murs du métro. En moi ? Vraiment, c’est trop aimable… Les visiteurs du métro assombris par la crise économique et le changement d’heure doivent se sentir réconfortés. A moins qu’ils ne soient, comme moi, gagnés par un léger malaise. Le doigt pointé, outre qu’il n’est pas très poli selon ma maman (bien qu’il soit indéniablement mieux considéré bien droit que tourné vers le haut) rappelle des campagnes illustres. Le « I Want You » de l’Oncle Sam pour encourager les jeunes à s’engager dans l’armée, par exemple. Le face à face auquel nous invite la photographie – le regard inflexiblement dirigé vers le nôtre, le doigt assuré tel celui d’un parfait petit délateur – nous dit qu’il est de notre devoir de nous sentir impliqués. Et il ne s’agit pas de vague solidarité ou de mauvaise conscience gauchiste mais bien de croyance. Non pas « j’ai besoin de toi » ou « je compte sur toi » mais un credo, la solidarité érigée en profession de foi. Si tu en venais à décevoir cette confiance, cher visiteur du métro, les petits zombies du Secours Catholique viendraient sans doute te persécuter de leurs fourches. Tiens-le toi pour dit ! Et n’oublie pas de sourire à ton voisin de rame.

5 réponses à “Le Secours Catholique croit en toi… Cela fait au moins quelqu’un.

  1. Bravo ! Je souscris. En plus la direction artistique de cette campagne est indigente…

  2. Il est vrai que c’est bien à cet Oncle Sam là que fait penser la pub du Secours ! las, moi qui la hait (la pub) je dois bien reconnaître (ce que je fais d’ailleurs) qu’elle est nécessaire. Que l’on essaie au moins de s’en tenir à l’action bénévole de ceux qui, eux aussi, tendent la main vers l’autre, quel qu’il soit, qui a besoin de nous !

  3. C’est le grand mal de notre société : focaliser encore et toujours sur la forme. et occulter le fond du message. Du coup, votre délire le touche, le fond.

  4. I feel so much happier now I uenrdsatnd all this. Thanks!

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