
Week-End, Jean-Luc Godard, 1967
Deux mots, The End. Deux mots qui, il y a encore quelques années, clôturaient la plupart des films au cinéma. Deux mots qui symbolisent à eux seuls la magie du cinéma. Si je fréquente l’un des rares cinémas parisiens (le seul à ma connaissance) encore équipé d’un lourd rideau rouge dont l’ouverture et la fermeture annonce le début et la fin de la séance, il faut reconnaitre que ce rituel désuet ne remplace pas le fameux carton de fin.

The Man With The Golden Arm, Otto Preminger, 1955
Les films d’aujourd’hui n’auraient-ils plus de fin ? A la place du carton, un générique interminable dressant la liste exhaustive des électriciens et maîtres chiens en passant par les maquilleuses et la société de location de caravanes. Bref, anti-cinéma au possible. A l’inverse, l’apparition des mots The End à l’écran suspendait le film quelques secondes supplémentaires et marquait la fin de la fiction et le retour au réel. Avec la vague des séries TV et des films “à suites”, façon Harry Potter ou Rambo, il semble que le mot “Fin” ne soit plus d’actualité, du moins pas tant que le filon n’ait été totalement épuisé.

La Dolce Vita, Frederico Fellini, 1960
Cette disparition est d’autant plus regrettable que, dans certains cas, cette ultime image résume à elle seule le film tout entier. C’est particulièrement vrai pour la Dolce Vita avec cet homme hagard au petit matin sur la plage. Mais c’est sans aucun doute la dernière image des 400 coups qui demeure la plus marquante. Après avoir longtemps couru, Antoine Doinel se retrouve sur la plage (encore une), se dirige vers la mer, fait quelques pas dans l’eau et brusquement se retourne pour fixer le spectacteur du reagard. L’image se fige en même temps que la caméra zoome sur le visage de Jean-Pierre Léaud sur lequel s’inscrit le mot FIN. Une des plus belles fins de l’histoire du cinéma, si ce n’est la plus belle, bien qu’à aucun moment on ne croit que c’en est fini des aventures d’Antoine Doinel. A raison.

Les 400 coups, François Truffaut, 1959
Pour les nostalgiques et les fétichistes, quelques galeries de carton de fin :
> Galerie 1
>Galerie 2
>Galerie 3

Tout va bien, Jean-Luc Godard, 1973
FIN


3 responses so far ↓
elrringpeace // 12, April 2009 at 2:30 pm
C’est vrai, je n’avais pas remarqué. D’autant plus qu’avec le streaming les films s’arrêtent souvent sur la dernière image.
Je me souviendrais toujours de la fin des films Disney et de ces deux mots incompréhensibles: “The end”. Bizarrement mes parents n’ont pas tout de suite compris de quoi je parlais lorsque je leur ai demandé ce que signifiait “té and”. :)
Nostalgie nostalgie…
Monsieur Untel // 17, April 2009 at 10:47 am
très bel objet.
Mais vous parlez du studio des Ursulines, et je ne savais pas que vous fréquentiez cette salle, cachottier, ou j’en oublie une autre ? Ou je m’égare, Edgard ?
The End.
From Beirut, Untel, kissing.
Sympathy for Brian Jones « Il est cinq heures // 15, July 2009 at 2:16 pm
[...] May 2009 · 3 Comments « JLG : Please allow me to introduce myself, my name is Jean-Luc Godard. BJ : Pleased to meet you, hope you guess my name… JLG : Le rock, comme le travelling, est une [...]