Entries from December 2008
30, December 2008 · 1 Comment

Harold Pinter
(10 octobre 1930 – 24 décembre 2008)
Écrivain, dramaturge, metteur en scène & scénariste (notamment de trois films de Joseph Losey, dont Accident en 1967).
Art, vérité & politique, discours de Harold Pinter lors de la remise de son prix Nobel en 2005.

Categories: nuit
Tagged: Accident, Harold Pinter, Joseph Losey, Nobel
Si pour son dernier Noël capitaliste, le Père Noël vous rendra visite un couteau entre les dents, un détail ne manquera pas d’attirer votre attention si vous vous retrouvez nez à nez avec lui au sortir de la cheminée : Le Père Noël a les yeux bleus. En 1966, Jean Eustache le prouve derrière la caméra et en noir et blanc avec Jean-Pierre Léaud qui cache ses idées noires derrière sa barbe blanche. Un hommage animé à ce film oublié ici. Des pères Noël aux yeux bleus, en voici trois autres, des chansons plein la hotte :
Happy X-Mas War is Over (if you want it) 
Categories: nuit
Tagged: Noël, Jean-Pierre Léaud, Jean Eustache, Pete Townshend, Yeux Bleus, Blue Eyes, Dennis Wilson, War is Ove

Crise oblige, cette année, la dinde de Noël se mangera froide.
TF1 se charge pour sa part de gâcher définitivement le réveillon : la chaîne du copain du nain, rebétonnée par la pub, a en effet annoncé qu’elle «ne diffusera pas la messe de minuit le 24 décembre au soir, mais proposera à la place le concert de Michel Sardou donné en 2005 au Palais des sports de Paris qui succédera au Grand bêtiser de Noël ».
Indigestion et nausées garanties.
Face à ce supplice, que reste-il à faire sinon enfoncer le dernier clou de ce cercueil en sapin et célébrer ce dernier Noël capitaliste, autour d’une dinde froide en compagnie du Plastic Ono Band avec qui Lennon signe son meilleur single, Cold Turkey, publié il y a tout juste 40 ans, et Big Boy Pete, auteur lui aussi (en 1966) d’un Cold Turkey psyché et halluciné au dernier degré.
Sueurs froides et frissons garantis.

Categories: jour
Tagged: Big Boy Pete, Cold Turkey, dinde, Hitchcock, Lennon, Noël, Plastic Ono Band, Sardou, TF1

Ils créent,
Ils sont audacieux,
Ils sont deux et parfois quatre,
Ils chantent et jouent de quatre instruments.
Ils s’appellent HAUSSMANN TREE (à deux) et parfois LA CHAMBRE DE CLEOPATRE (à quatre)
Ils présentent les poèmes du poète Tarek Joseph Chemaly (haussmann tree) et des compositions (La chambre de C)
Ils VOUS attendent : lundi 22 dec, 20h, “les disquaires”, 6 rue des taillandiers Paris 11.
Et moi je les aime…
Categories: nuit
Tagged: chambre, cléopâtre, concert, creation, Haussmann, spectacle, TRee

Hara Kiri, décembre 1972
Allumez vos cheminée car si le père Noël y descend, c’est avec un couteau entre les dents. Quant à vos petits souliers, vous savez à la tête de qui les jeter. Noël 2008 ou l’ultime Bushrie.

Categories: jour
Tagged: 1972, Bush, cadeau, capitalisme, hara kiri, Noël

Au lieu d’avoir les yeux rivés sur les cours de la bourse, le patron de General Motors aurait été bien avisé de braquer son téléobjectif sur la filmographie d’Alfred Hitchcock. A l’heure où le géant américain de l’automobile s’apprête à mettre la clef (de contact) sous la porte, un petit détour sur Rear Window (Fenêtre sur cour), le chef-d’oeuvre voyeuriste de Hitchcock (1954), s’impose en effet.
Le photographe Jeffrey (James Stewart), immobilisé chez lui suite à une accident, reçoit les soins d’une infirmière à domicile. Tandis qu’il espionne tranquillement ses voisins d’en face, celle-ci lui raconte comment elle avait prévu le krach de 1929. Comment ? En observant l’un de ses patients, le patron de General Motors, tout simplement.

« I asked myself : what’s General Motors got to be nervous about? Over production, I say. Collapse. When General Motors has to go to the bathroom ten times a day, the whole country’s ready to let go. » En résumé : en surveillant les allées et venues du boss de GM aux toilettes, on aurait pu éviter la catastrophe. Coût total des frais de consulting : une place de ciné.
Les dialogues particulièrement subtiles et souvent à double sens de ce film, notamment les remarques teintées d’un humour noir typiquement hitchcockien de Stella l’infirmières, sont signés John Michael Hayes, décédé cette semaine à l’âge de 89 ans.
Fenêtre sur cour, c’est comment le cinéma donne à voir la réalité et la déforme pour en faire un film. La Bourse, c’est comment les patrons donnent à voir un film et le déforme pour en faire la réalité.
- Sonorama : écouter le 20e épisode des entretiens Hitchcock/Truffaut dans lequel est analysé Rear Window ainsi que Dial M For Murder.

Une voiture tirée hors d'un marécage, dernière image du film Psycho.

Categories: nuit
Tagged: Alfred Hitchcock, Fenêtre sur cour, General Motors, John Michael Hayes, Rear Window, Truffaut
11, December 2008 · 1 Comment

Brigitte Bardod (sic), Alain Delon, Marilyn, Richard Burton, Elizabeth Taylor et les Beatles dans le même film. Ce casting à tout casser est au générique de Kachi Kachi Yama, film d’animation joyeusement foutraque de Tadanori Yokoo sorti en 1965. Artiste avant-gardiste pop et psychédélique, graphiste, photographe, paresseusement décrit comme le « Andy Warhol japonais », Tadanori Yokoo dont le style mélange l’iconographie nipponne traditionnelle et l’imagerie occidentale, fit très tôt figure d’iconoclaste. L’artiste parle de « dépasser le moderne en utilisant l’imagination pré-moderne ».

Tellement pré-moderne que Yokoo fait monter les 4 Beatles à bord d’un sous-marin, un an avant que ces derniers n’enregistrent Yellow Submarine et trois avant que le dessin animé du même nom ne sorte dans les salles. Avec un nom pareil, rien d’étonnant me direz vous.

Au programme, 3 courts-métrages d’animation à regarder d’une traite : Kiss, Kiss, Kiss (1964), Kachi Kachi Yama (1965) et Tokuten Eizou Anthology No. 1 (1964).

Categories: jour
Tagged: Alain Delon, Beatles, Brigitte Bardot, Elizabeth Taylor, Kachi Yama, Marilyn, Richard Burton, Subamarine, Tadanori Yokoo
7, December 2008 · 1 Comment

Au Musée d’Art Moderne de Paris sont exposés les maîtres de l‘école de photographie de Dusseldorf sous le thème des “Objectivités”.
“Objectivités propose un panorama de la photographie de Dusseldorf des années 60 à nos jours, réunissant des professeurs et des élèves de la fameuse Kunstakademie ainsi que des artistes y ayant élu domicile” (prospectus)
Donc 40 ans d’interrogations et de recherche sur un média dit de l’objectivité. C’est passionnant, parfois fascinant. Lothar Baumgarten propose par exemple une projection sonorisée de 187 diapositives. Le principe est quasi cinématographique, les sons ont été enregistrés sur les bords du Rhin entre 68 et 76, ils sont remixés avec des effets électroniques qui soulignent et dirigent les émotions produites par les photographie. On se promène ainsi dans une forêt marécageuse et l’on suit parfaitement les émotions de l’artiste : ravissement, peur, angoisse…
On découvre aussi l’évolution du média “photo” qui passe par le papier, les journaux et le pixel…
Allez-y, c’est contemporain, riche et rafraîchissant et inspirant

Photo prise au retour de l’exposition (dimanche 7 décembre à 13h03)
Categories: jour
Tagged: Dimanche matin, Dusseldorf, expo, Musée d'art moderne, Objectivités, photographie

« La vie n’imite pas l’art, elle imite la mauvaise télévision » (Woody Allen). Cette variation sur la célèbre citation d’Oscar Wilde selon qui « La vie imite l’art bien plus que l’art n’imite la vie » est un point de vue qui se défend tout autant.
« L’espèce humaine vit sous une sorte de régime d’empoisonnement interne – si je puis dire – et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n’est pas un monde que j’aime » avait déclaré le centenaire et plus que jamais lucide Claude Lévi-Strauss. Déclaration que l’on pourrait résumer par l’aphorisme cinématographique suivant : « Confier la Terre aux humains c’est comme confier un Western à Woody Allen ».

Categories: nuit
Tagged: Art, Claude Lévi-Strauss, Oscar Wilde, télévision, Woody Allen